jeudi 9 juillet 2009

Et encore un mensonge


La mariée se balance au bout de sa corde, oscille, comme la vie, de la douleur à l'ennui. Elle ne tient qu'à un fil, qui pend à l'arbre mort de ses amours déçues. Sur le paysage aride et noir, se distingue un point blanc, un pendule vacillant de gauche à droite, de droite à gauche, au rythme des pas de la belle s'avançant vers le Styx. On entend le hurlement des âmes damnées, le vent sifflant dans les buissons secs du désert morbide et le crépitement des flammes de l'enfer.
Où donc est Dieu ?
La bouche ouverte, un filet de bave tombant lentement sur le blanc mikado, les yeux révulsés et les pieds en pointe, la mariée n'offre pas son plus beau profil à la photographie déjà jaunie. Mais il fallait immortaliser ce contraste à défaut de rendre hommage à un vieil amour.
Où donc êtes-vous ?
Moi la fameuse chanceuse perds tout aujourd'hui ... et les miettes de pain semées sur la route ont été englouties par les corbeaux affamés : j'ai non seulement tout perdu, me suis aussi égarée ... Perchés sur leur branche sèche, ils attendent le signal pour commencer le festin. D'abord, ils goûteront les yeux bleu foncé, puis s'attaqueront au nez, passeront des bras charnus aux longues jambes dodues, et finiront sans doute par le cœur tout mouillé. Ce n'est que dans la barque de Caron qu'il s'était liquéfié.
La robe en lambeaux rosie par l'hémoglobine pend indécemment sur le squelette abandonné ...
Au loin, un petit groupe de personnes pleurent à l'ombre ... je n'étais pas seule mais ne distinguais rien dans cette pénombre. Je voudrais reculer mais c'est déjà trop tard, Cerbère n'a fait de moi qu'une bouchée, il ne restait de moi que des os décharnés.
La mort n'est pas douce ... Loin de là ... l'au-delà.

mardi 7 juillet 2009

RIP


J'ai le cœur en confettis ... Pour les miettes ou la couleur ? Pour la douleur ... du poinçonnage ... L'être presse la perforeuse, le sang gicle et coule lentement, laissant une marque qui ne cicatrisera jamais.
J'ai le cœur en confettis ... On les lancera à mon mariage, quand, dans ma longue robe blanche, immaculée, j'attendrai mon mari qui s'est tiré.
J'ai le cœur en confettis et tout ce qu'il me reste, ce sont mes larmes pour pleurer.
C'est vrai que c'est amusant, ces petits pois rouges qui tâchent la frise ... ça se dilue dans l'eau salée, donne un beau rose pastel sur la dentelle, ça donne de la vie là où le calme régnait.
Allez, c'est la fête, allons danser ! Sur la tombe de mon bonheur, et tant qu'on y est, allons y cracher !
Ce n'est pas qu'une cérémonie, soyons sports, voyons ! Le combat est beau, les joueurs entraînés ... qui fera le plus de mal à l'être aimé ?
Jeu set et match ... pour l'instant, c'est ex-æquo. Une telle manche sur un parvis d'église, n'est-ce pas ironique, dangereux, un peu sadique ?
Sur les pierres grises, le ciel se fond et devient peu à peu menaçant. La pluie s'annonce, drue et purifiante ... d'ailleurs, l'eau monte déjà, terrassée par l'effort, je m'affaisse et me noie.

La ligne ne suffit plus.

Le triangle ne fut pas.

L'amour repose en paix.

Mea culpa.