jeudi 18 juin 2009

Je succombe

La vie est une chienne dont je suis la putain. Elle erre le nez en l'air (mutin) pissant ici ou là pour marquer son infini territoire. Flirte avec le cul de ses congénères, les poubelles des trottoirs, et les pieds des réverbères. Putain ! elle se joue de moi ! Elle n'écoute que ses envies, n'a plus ni dieu ni maître, la laisse étant cassée, et jouit ainsi de sa liberté comme d'un amant expérimenté.
La vie est vulgaire, c'est une traînée, boueuse, dont je suis la putain, pourtant personne ne me verse le moindre pécule pour se servir de moi, c'est moi qui paye de ma vie pour la mener à bien, à mal, à rien.
La vie est ma mère maquerelle, elle m'utilise et m'use, me mène où bon lui semble pour se divertir de mes erreurs, et rire de mes malheurs ... Je me cogne aux culs-de-sac, aux impasses, aux murs de la ville sale et déchue de Sodome. Je m'ouvre le front à force de foncer dans les obstacles qui se dressent devant moi, laissant échapper l'âme qui m'habitait ... Je n'ai plus de raison, plus de tête, plus de bon sens, je ne suis qu'une écorchée sans cœur et sans essence. Je suis l'eau sale des caniveaux, sombre dans les égouts comme dans la décadence.
Je suis ton cancer qui te tue à petit feu. Jamais je n'ai pu te rendre heureux.
Je veux mourir avant de t'achever, tu pourras ainsi renaître de tes cendres, tel le valeureux phœnix que tu es.
Je te le souhaite. Va.

lundi 15 juin 2009

This is the end

Le vent a tourné, la roue s'est arrêtée et la voici à terre ... encore. Elle ne peut maintenant plus se lamenter, elle a tous les torts, aurait dû redoubler d'efforts mais a baissé les bras, déclaré forfait, le KO est déjà prononcé ... Que va-t-elle devenir sans famille, sans avenir ? Que lui restera-t-il sans lui, sans eux, à ses côtés ? Elle aura beau gémir, ramper à ses pieds, s'agenouiller, prier, demander pitié, la chance l'a quittée ...

Il aurait été beau ce mariage ... Leurs enfants auraient été jolis ... Un ciel sans nuages et une maison de paradis ...

Mais tout est fini.
Tant pis.

vendredi 12 juin 2009

Douce ironie


Sur son bureau, une rose dans un verre d'eau. Juste le bouton d'un rouge carmin intense qui embaume doucement sa petite pièce désordonnée. Le mystère est entier, elle ne sait d'où il vient ... pas un mot, pas de carte, pas d'empreinte ! Elle se met donc à voguer sur les vagues de son imagination. Un sourire s'esquisse à l'idée d'un bel inconnu se cachant pour délivrer ce message implicite ... Il a dû la voir, la suivre, se renseigner un peu sur son nom, son prénom, son travail, et trouver sans danger où il pouvait lui faire une fleur ... Il a eu du culot, aurait pu tomber nez à nez avec la sorcière ou le nabot ... et ces derniers n'étant pas discrets, elle aurait su au moins qu'elle était l'apparence du gentleman livreur. La matinée est belle, rien ne peut l'obscurcir, une si délicate attention, aussi petite soit elle, met en joie la jeune fille. Et son sourire est tel celui du joker, large et sincère.
Puis à midi, son collègue lui dit :
"Ah ! tu as gardé la fleur que je t'avais déposée ? Je l'ai trouvée par terre, je me suis dit qu'elle te plairait ..."
Et c'était le cas. La moindre attention, aussi petite soit elle, met en joie les jeunes filles. Même si le sourire n'est plus que tendre politesse ...

mercredi 3 juin 2009

Lolito et la sensualité des cerises


Le soleil lui mord la peau qu'il laisse cuivrer tant qu'il faut pour faire ressortir ses yeux bleu clair. Les pieds dans l'eau, il rayonne, profitant de l'atmosphère apaisante des vacances, longues encore à son âge mais passant malheureusement si vite ... Rien ne le soucit ni ne l'inquiète, aucun nuage au dessus de sa tête : le ciel impeccablement bleu encadre ses jolies boucles blondes, sa belle crinière de mâle naissant. Le lion est né un mois de juillet. Son sourire sublime ses lèvres rouge cerise qu'elle croquerait avec plaisir, tant elles ont l'air juteuses, pulpeuses et savoureuses. Elles doivent avoir un goût délectable, se dit-elle indécemment ne pouvant s'empêcher de ressentir cette sensualité incroyable qu'il dégage et qui éveille son désir deterré pour l'été. Ce jeune homme, cet enfant, est un fruit si tentant, défendu, elle le sait, qu'elle retrouvera sûrement dans ses rêves inavouables. Elle y vivra une idylle parfaite, sans jugement ni honte, car, là-bas, la fontaine de jouvence coule à flots.

Saison des délits, ce temps si délicieux, elle en jouit la nuit, rattrape l''irréversible pour vivre sans remords sa vile humanité.